Noirmoutier 1961

Ma grand-mère Eliane était poète.

Enfin, sans doute aurait-elle aimé l’être officiellement. Pourtant, elle dut toute sa vie jongler entre sa condition d’épouse, de mère, de grand-mère, qu’elle prenait très à coeur.

A ses trop rares heures perdues, elle aimait poser quelques lignes sur un carnet pour y dévoiler ses sentiments sur le monde alentour. Elle dessinait également, capturant dans le trait du crayon les moindres beautés que ses yeux avaient pu découvrir au travers de quelques voyages.

Elle nous a quitté, il y a 3 ans.

La maison familiale fut vendue. Ses enfants et petits-enfants se retrouvèrent alors là, dans cette demeure qu’il fallait nettoyer et vider pour que de nouveau occupants démarrent une nouvelle histoire.

L’occasion fut belle de replonger dans ses souvenirs. Ici des cartes postales, que nous lui envoyions des quatre coins du monde, qu’elle conservait dans une vitrine. Là des vêtements ayant conservé son odeur, des bibelots poussiéreux ou des photos encadrées rappelant les joies anciennes.

Dans le hall d’entrée, il y avait un placard renfermant ses souvenirs « artistiques ».

En fouillant par-delà les dessins et les feuilles volantes, mon regard fut attiré par un petit cahier à la couverture bleue. Un petit autocollant posé là indiquait ces mots : « Noirmoutier 1961 ».

L’île de Noirmoutier, où mes grands-parents, et mon père, passaient toutes leurs vacances dans les années 50 et 60. Un havre de paix, loin du tumulte des grandes villes et de l’ennui du quotidien. Ma grand-mère a voulu poser des mots, il y a longtemps, et des images, sur ce qui semble alors être les moments les plus heureux de sa vie.

Alors, je l’imagine, à cette époque, en septembre, assise devant une table en formica. Par la fenêtre elle aperçoit ses deux garnements inventant de nouvelles espiègleries dans le jardin collectif de leur résidence. Je vois son sourire. Elle ouvre son petit cahier bleu. Les mots viennent d’eux même. Et elle se replonge dans ses vacances…A Noirmoutier, en 1961…

I – L’île

L’Île de Noirmoutier est une île charmante, petite et bien située. Elle émerge de l’Océan Atlantique, près du Gulf Stream qui la réchauffe et lui permet d’avoir un climat presque méditerranéen, de là sa végétation de plantes grasses et de mimosas.

Ses plages de sable fin sont souvent bordées de pins maritimes et parfois perchée sur la dune, l’élégante silhouette d’un moulin à vent découpe sur les ciel ses grands bras en croix.

Ses bois de pins ou de chênes verts sont d’un pittoresque peu commun. Pour l’un, le Bois de la Chaize, de grandes allées le traversent et s’entrecroisent, certains conduisant à de riches demeures très fleuries. L’autre, le Bois de la Blanche, est sillonné de petits sentiers qui serpentent sous les chênes verts et débouchent sur la dune face à l’Océan.

L’air embaume et tous ces parfums terrestres de résine et de fleurs se mêlent à l’âcre odeur de sel et d’iode qu’apporte le vent du large et ce mélange grisant enivre le cœur et l’âme.

Sous son ciel bleu d’Orient, « l’île aimable » est belle et calme, seul le bruit des vagues, mêlé aux cris des mouettes, la berce d’un chant étrange et troublant le grand silence de ce doux paradis.

II – Le Gois

Pour pénétrer sur l’île, il existe une route qui quitte la côte après Beauvoir et traverse 4 kilomètres de sable pour rejoindre l’île. Ce long rouleau qui unit Noirmoutier à la terre s’appelle le Gois.

Evidemment, il n’est praticable qu’à marée basse lorsque les quelques trois mètres d’eau qui le recouvrent se sont retirés.

Il apparaît alors, gris et luisant, souillé d’algues marines et même de méduses laissées là par la mer descendante.

Des refuges et des balises le bordent. Les voitures, une à une, s’engagent sur les dalles et se suivent lentement, tandis que dans le sable, des chercheurs de palourdes, le dos courbé, ignorant le soleil qui les brûle et le vent qui souffle autour d’eux, recueillent patiemment, dans de petits paniers, ces gris coquillages.

L’île, maintenant, n’est pas loin. On aperçoit déjà la petite croix blanche làWhaut sur la muraille. Et nous foulons son sol, toujours avec la même joie, retrouvant tous les sites qui nous sont familiers, avec une certaine émotion, car, chaque fois, ils évoquent pour nous d’heureux souvenirs, un peu du temps passé.

Mais le passage du Gois n’est pas le seul moyen d’atteindre l’île. Il y a un bateau qui part de Pornic, dont le cadre ravissant est digne du cap d’Antibes. Et enfin, le bac. Il vient de Fromentine et accoste à la Fosse. Cette pointe est la partie de l’île la plus rapprochée du continent.

Ici, rien n’attire dans le paysage. Une curiosité cependant, le trafic du bac et du bâteau qui part de Fromentine pour l’île d’Yeu.

III – Les dunes du Vieil

Pour arriver aux dunes du Vieil, la route après le Gois traverse l’île en passant par Barbâtre, dont la plage immense s’étale sur 14 kilomètres, La Guérinière, réputée pour ses moulins à vent, et enfin par Noirmoutier, capitale de l’île, bariolée et grouillante d’estivants. Son château imposant, son église ancienne, son port sont autant de curiosités que nous offre cette ville.

Des marais salants bordent la route et l’on aperçoit, ça et là, de très gros monticules de sel qui font penser à la neige de chez nous. Vision d’autant plus surprenante dans ce paysage desséché par le soleil ardent.

Des tamaris balancés par le vent d’Ouest courbent leur tête légère aux grés du souffle qui les agite. L’air est fort, chargé d’iode. Et voilà qu’apparaît juste après un virage le petit chemin qui conduit aux dunes du Vieil.

Que dire de lui, il est étroit, caillouteux. Le sable, les pierres et les trous s’unissent pour le rendre désagréable, mais ils n’y parviennent pas, car ce petit chemin termine un long voyage et ouvre les portes de la liberté.

C’est là, tout au bout, que se trouvent groupés autour d’un jardin pour enfants, à l’ombre reposante de superbes pins maritimes, les petits bungalows des vacances. Parmi eux, notre lézard vert, toujours plus attrayant, plus lumineux. Il semble nous sourire par ces baies grandes ouvertes.

IV – Le lézard vert

Ce cher lézard vert mérite bien quelques mots, car c’est lui qui nous accueille chaque année, toujours pimpant et sentant bon la peinture fraîche.

Tout de blanc vêtu avec pour garniture quelques rubans verts qu’encadrent ses fenêtres et décorent ses rideaux, de ce beau vert comme les lézards que l’on rencontre sur les dalles du jardin ; comme eux aussi, il se dore au soleil confortablement adossé à un blockhaus.

L’intérieur est simple et clair. Une grande pièce toute en longueur partagée en trois parties inégales.

La plus petite sert de cuisine avec tous les ustensiles et le matériel nécessaire, pratique et bien agencée.

La plus grande partie remplit les fonctions de salle de séjour : au milieu, une table en bois peinte en vert, 2 bancs de même couleur, un placard et dans le coin un divan coquettement recouvert d’une cretonne fleurie.

La chambre se trouve dans le troisième « morceau de pièce », deux lits superposés munis d’une petite échelle pour atteindre le second, une table porteuse d’une lampe de chevet et une armoire. De jolies teintures agrémentées de volants donnent à l’ensemble une certaine intimité. Le tout est très propre et bien rangé.

De grandes baies vitrées occupent tout un côté du bungalow et leur vue donne sur le jardin. Ce jardin n’a pas l’aspect d’un lieu très soigné, mais il est reposant et bien particulier. Au milieu un rond de sable pour permettre aux touts petits de jouer, plus loin un portique avec balançoire, corde lisse et trapèze pour les plus grands. Quelques fleurs et plantes grasses poussent à leur gré.

Des arbustes et des haies limitent les allées ; tout près de nos fenêtre, un superbe genêt d’Espagne semble accroître la luminosité déjà intense, par son éclatante gerbe d’or. Et dominant le tout, majestueux et graves, des grands pins parasols enrichissent le paysage.
Situé très près de l’océan, notre gîte de vacances nous permet de profiter depuis l’heure la plus matinale jusqu’à l’heure la plus tardive, des beautés et des joies de l’eau et du soleil.

V – La plage du Vieil


Notre plage du Vieil est toute simple, un beau sable blond la recouvre, derrière la dune où quelques tamaris essaient de grandir. A droite, le Bois de la Chaize et le Cobe qui avance dans l’Océan et point son bout de rocher au dessus de l’eau. A
marée basse, on peut aller lui rendre visite car il se découvre
A gauche, le village du Vieil avec ses maisons de pêcheurs basses et blanches, son petit port et sa plage où tentes et parasols mêlent leurs teintes vives.

En face, l’Océan, bleu ou vert, et même gris selon qu’il est doux ou méchant. Et làW bas, à l’horizon le continent, la côte qui étire en un long cordon ses plages, ses maisons et ses arbres.

Rien dans ce tableau ne laisse deviner la vie ardente des habitants de ces bourgs. Mais, la nuit, toutes les petites lumières qui s’allument les unes après les autres permettent d’imaginer la vie de chacun derrière ces boutons d’or ; et les multiples faisceaux lumineux qui sillonnent le ciel noir n’obligent-ils pas un instant la pensée à s’évader vers les gardiens de phare, seuls au milieu de l’obscurité et des flots.

Cependant que l’Océan inlassablement nuit et jour, roule ses vagues aux reflets d’argent pour venir les jeter à nos pieds dans une gerbe d’écume.

VI – Les moulins

Les moulins de la Guérinière sont tous haut placés et ont l’allure noble de dignitaires. Au milieu des pins, très blancs sur le sable doré, certains balancent encore du souffle du vent leurs grandes ailes.
D’autres les ont perdu au cours des ans. Mails ils conservent tout leur prestige et n’en sont que plus sympathiques puisqu’étant plus anciens.

Les petits ânes ne viennent plus comme autrefois, chargés de gros sacs, livrer le grain au meunier, mais malgré tout ils sont restés fidèles à l’île et l’on peut voir parfois, dans un pré où quelques brins d’herbe jaune s’offrent en pâture, un bel âne noir dresser ses oreilles, pointues, et fixer curieusement le passant qui chemine.

Ce qui est un des charmes de l’île, c’est justement ce retour en arrière que nous oblige à faire certains décors comme celui des moulins à vent.

En les voyant si fiers dans cette nature sauvage, on oublie près d’eux les buildings modernes et les transports rapides et le cœur bat vite comme pour éterniser ces minutes uniques, où le corps et l’esprit au rythme lent des moulins, se détendent et savourent une paix si précieuse dans ce coin du passé.

L’air est résineux, les arbres entre eux fredonnent une douce mélodie et le bourdonnement sourd de l’Océan parvient jusqu’à nous, car la plage n’est pas loin et la c’est le grand large. Notre cher ami n’est pas toujours très sur. Il bouillonne et brasse de gros rouleaux qui grondent en s’écrasant.

Ces plages de l’Ouest, la Guérinière et Barbâtre se rejoignent et sont très étendues.

Ici, l’air est plus fort, le paysage est aride et nu. L’Océan imposant semble ne plus finir. Une mélancolie plane sur ce tableau d’une beauté incomparable.

VII – L’Herbaudière


L’Île de Noirmoutier a bien entendu son port de pêche, construit sur une pointe de l’île à l’opposé de la Fosse. Il semble tendre une perche aux égarés par son
long embarcadère qui s’avance dans les flots verts.

Ce petit port de l’Herbaudière a la même activité, le même va et vient que ses frères. Perchés sur le quai, face à lui, on peut voir arriver l’un après l’autre tous les bateaux de pêche, des verts, des rouges, des blancs, partis le matin à l’aube, et regagnant vers la fin du jour leur coin de repos, le flanc chargé de crustacés de toutes sortes et de sardines.

Par contre à marée basse, tous ces beaux chalutiers ont triste mine, inclinés sur le côté dans une vase noire ils offrent un spectacle de désolation. Mais le déchargement ne s’arrête pas pour autant et l’on peut voir des voitures trainés par des chevaux avancer sur ce tapis noir et moelleux jusqu’aux bateaux.
Les matelots, manches de chemises et jambes de pantalon retroussées, entassent dans la voiture les casiers pleins, produit de leur pêche.


Un matin, comme nous suivions l’embarcadère jusqu’à son extrémité, nous avons pu assister à la mise en casiers d’énormes crabes. Ils grouillaient au fond du bateau dans une espèce de fosse profonde. Les marins armés de leurs fourches les attrapaient par 3 ou 4 et les jetaient dans les casiers qui attendaient, gueules ouvertes ; parfois un « colosse » plus audacieux que les autres enjambait le bord de la caisse et filait sur le pont, mais rapidement et d’une main sûre, un des hommes l’empoignait et lui faisait regagner sa prison.

Quelle passionnante distraction que d’assister aux curieuses occupations de ces gens de la mer.

Touchant presque au port, le village de l’Herbaudière étale ses maisons le long d’une route qui le traverse et qui part en direction de Noirmoutier. Une usine de conserves est plantée à gauche du port. Des cafés de pêcheurs aux façades très claires regardent l’Océan et presqu’en permanence entre le port et les premières maisons, sur une plate forme ensablée, un archaïque manège de chevaux de bois tourne en grimaçant au son nasillard d’une musique de vogue.

Une odeur désagréable de crustacés, de gasoil et d’iode flotte dans l’air, mais le vent du large fouette le visage et par un beau coucher de soleil, l’eau se transforme une mer de diamants, les mâts des bateaux se balancent doucement et les mouettes se poursuivent en une ronde folle.

Le port va s’endormir dans une apothéose de lumière et de paix.

VIII – Le Cobe

Par une belle journée ensoleillée, quel plaisir que de suivre les plages en longeant l’Océan jusqu’au rocher du Cobe.

C’est le moment où la mer se retire qu’il faut choisir pour que le Cobe puisse nous offrir toutes ses richesses.

La lumière est éblouissante et le vent est toujours là pour nous accompagner. Dans le sable mouillé, les pieds s’enfoncent et chacun en riant découvre ses empruntes.

Lentement, les premières roches apparaissent laissant voir leur chevelure d’algues vertes et noires. C’est là dessous que se cachent petits crabes et coquillages.
Plus on approche du Cobe et plus les plages changent d’aspect. Alors que jusque là elles étaient nettes et plates, elle s’entourent maintenant de rochers. De gros blocs de pierre s’entassent les uns sur les autres, un peu n’importe comment, et pourtant ils ont belle allure et l’ensemble est très beau à voir.

Belle est cette plage que nous avons découverte un jour au cours d’une randonnée dans les parages. Bien abritée des vents, toute petite et baignée de soleil, nous pouvions nous étendre sur son sable chaud, admirer l’Océan et les voiliers nombreux qui évoluaient gracieusement. N’estWce pas là le coin idéal pour rêver loin du monde et du bruit ?

En face, le Cobe, dénudé et brillant de mille gouttelettes nous attend !

Un banc de sable que l’on traverse sans oublier de s’arrêter pour faire la cueillette de palourdes, et l’ascension commence. Il est bien haut le rocher vu de près ! Et c’est avec beaucoup de précautions que les pieds s’accrochent où se posent sur la pierre glissante.

Sous les blocs, de véritables cavernes où le bruit des gouttes qui tombent de la voute résonne. Le regard plonge dans la profondeur de ces trous, mais les crabes sont rares… Quelques mollusques rosâtres et gluants sont collés contre la paroi. Plus loin, c’est une multitude de petites moules qui tapissent la roche. Et enfin, voici le sommet !
Dominant de toute sa hauteur Océan, bateaux, plages, maisons, le Cobe fièrement offre au vent du large et au soleil levant son crâne chauve et usé par les siècles.

IX – La Plage des Dames


Il reste encore beaucoup à dire sur les beautés et les richesses de l’île, des sites
remarquables, telle que la Plage des Dames par exemple, dont je n’ai pas parlé.

Ce coin est le plus riche de la région. Il faut pour y aller traverser le Bois de la Chaize, ce bois si vaste aux grandes allées qui souvent conduisent à une des nombreuses petites plages : Les Souzeaux, l’Anse Rouge, les Sableaux et la Plage des Dames au bout de l’Avenue aux Mimosas.

Très étendue, dans un cadre de verdure, elle possède tous les jeux et les distractions que peuvent avoir les plages les plus chères de l’Océan. De luxueux hôtels s’imposent par leur confort et se dressent derrières les cabines de bain.

Des marchands de glaces, de gaufres, de bibelots de toutes sortes, meublent les places vides et même, il y a pour les amateurs, des promenades à dos d’âne.

L’estacade de la Plage des Dames prend naissance au milieu des rochers et des pins, un petit chemin escarpé y conduit. Il faut gravir une côte puis redescendre en évitant pins et racines d’arbres qui souvent barrent le sentier.

De chaque côté, un tapis rouge de grosses aiguilles de pins recouvre le sol, troué par endroit de roches claires. Sous ces grands arbres, il fait sombre et frais.

Cette corniche surplombe l’Océan qui se montre entre les branches des pins, si merveilleusement bleu, limpide et caressant le sable d’une vague légère brillant d’un tel éclat qu’il semble avoir en lui englouti le soleil.

Quelques barques aux voiles blanches se laissent emporter, évitant avec beaucoup d’adresse le vent qui pourrait les renverser, ou le rapide hors bord qui fonce sur elles en fendant l’eau de sa coque pointue dans un éclaboussement gigantesque et un bruit infernal.

Quelques fois, derrière, est accroché un skieur nautique. Avec une habileté et une grâce presque aérienne, il file au ras des flots effritant la surface lisse avec les planches de ses skis.

Et voici le bateau qui part pour Pornic, chargé de nombreux passagers qui ont peut être pendant quelques heures ou plusieurs jours, gouter aux charmes irrésistibles de notre île aux mimosas, qui sait, sous tous ses aspects, se montrer belle et accueillante.

Nimbée de soleil, mystérieuse et sauvage, le cœur toujours se serre lorsqu’il faut la quitter.

By | 2018-07-05T21:47:47+00:00 juillet 5th, 2018|En Vrac|2 Comments

2 Comments

  1. Muriel 6 juillet 2018 at 12 h 39 min - Reply

    Bel hommage à votre grand-mère qui avait un réel talent. Cela me rappelle le passage du bac quand j’allais chez mon oncle et ma tante près de Pornic.

  2. Anouck 9 juillet 2018 at 11 h 34 min - Reply

    Bonjour,
    Apparemment ce sont des dessins de votre grand-mère…J’aime beaucoup ce traitement des couleurs. Et votre évocation est très agréable à lire. Merci

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