Frères Ennemis

La forêt ne lui paraissait plus si hostile. Il la connaissait par coeur, du sentier le mieux balisé jusqu’au moindre petit branchage. Aveugle, il pourrait y retrouver son chemin sans effort. Les odeurs, les sensations, tout était resté gravé en lui.

Chaque pas en avant dans ce dédale végétal le plongeait dans ses souvenirs. Au gré des efforts, sa vie défilait encore dans son esprit, les succès remportés, les erreurs commises. Une vie pleine et aboutie.

Après deux bonnes heures de marche, il atteignit sa destination, un chemin abandonné, recouvert de mousse. Ici un chêne majestueux, là un rocher sorti de terre, aplati par l’érosion. Endroit banal, s’il en est, mais pas pour lui. Une goutte de sueur perla sur son front ridé et glissa le long de sa joue creuse. Il sortit un mouchoir en tissu de sa poche, se tamponna le visage, puis s’assied, essoufflé, sur le caillou face à lui. Il posa sa canne à terre et se plongea dans ses pensées.

Le calme de l’instant fut troublé par un geste ressenti sur son épaule. Une fillette aux cheveux blonds vénitiens tirait furieusement sur sa chemise.

« Grand père ! Grand père ! C’est là ? On est arrivés ? »

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« Yankee, t’es mort ? »

John appuyait fermement sur sa jambe ensanglantée. Il avait appliqué la poudre antiseptique et un pansement trouvés dans son paquetage. Il improvisait maintenant une compresse avec la paume de ses mains. La balle n’était pas ressortie. Certes, la blessure n’engageait pas son pronostic vital, mais si on ne le retrouvait pas très vite, l’infection pourrait, a minima, lui coûter sa jambe.

A peine commencée, la guerre était déjà finie pour lui. Etendu là, sur ce lit d’herbe, à l’abri d’un chêne, se relever lui était impossible. Attendre était maintenant la seule chose à faire. Attendre, et espérer ne pas se faire repérer.

« Je t’entends bouger le Yankee. T’es dans un sale état ou tu survis ? »

Un Boche. Vivant. Il les croyait pourtant tous les trois passés de vie à trépas. Il voulut se saisir de son fusil, mais celui-ci avait volé à plusieurs mètres quand John fut touché. Mais il n’était pas en état de ramper pour le récupérer. Et quand bien même, il prendrait le risque de se mettre à découvert face à l’ennemi.

« Je vais pas te tuer. Ton copain m’a arraché la main en me tirant dessus. Ce salaud m’a eu au genou aussi. Je suis pas en meilleure forme que toi le Yankee ».

Fallait-il croire l’allemand ? John osa passer la tête derrière l’arbre. De l’autre côté, il vit trois cadavres : deux Boches…Et Lovet. Andrew et lui faisaient partie du 506e régiment d’infanterie aéroportée, Fox Company. Comme les autres bataillons, ils avaient ce matin là été parachutés en Normandie française, opération Albany, en soutien des troupes qui devaient débarquer quelques heures plus tard par la mer.

L’objectif était simple : sécuriser au maximum la zone de débarquement par une attaque nocturne rapide et efficace. La DCA allemande, implacable, avait cependant obligé les avions à changer de cap, et les parachutistes à sauter, peu importe où. John avait machinalement suivi son copain de régiment. Ils avaient miraculeusement atterri à l’orée d’une forêt, sans blessure. Après avoir consulté la carte de la zone, ils avaient décidé de se rendre à pieds vers un point de convergence indiqué.

Sur le chemin, en s’enfonçant dans les bois, ils avaient été surpris par trois allemands en patrouille. S’en était suivi un échange de coups de feu. Andrew avait été touché à la tête mais avait pu tuer un des allemands et, manifestement, en blesser un deuxième. John s’était occupé du dernier, au prix de sa jambe.

Le Boche survivant était accolé à un gros rocher. Sa main saignait abondamment et son genou n’était plus qu’une plaie béante. John croisa son regard.

« Ah, voilà, t’es vivant ! Tu vois, je t’ai dit, je suis pas en état moi non plus »

« Ferme la sale Boche…! »

« Ok ok. On est ennemis c’est sur. Tu sais, l’autre Yankee a voulu me tuer, mais mon copain l’a tué. C’est la guerre hein. »

« Il s’appelait Andrew… »

« Et lui c’était Helmut, lui là, Klaus. »

« Ferme la je t’ai dis… »

« Comment ? Tu rends hommage à ton copain en l’appelant par son prénom. Je fais pareil avec mes copains ».

« Saloperie de nazis. Vous ne méritez aucun hommage. Ferme là »

« Ah oui, nazi… Je suis de la Wehrmacht. C’est peut être différent, qui sait ? J’obéis aux ordres. »

« Aux ordres d’Hitler… »

« Ah, oui, Hitler… Connais-tu le général Olbricht ? »

« Tais toi bon Dieu, tais toi ! »

« J’en conclus que tu ne le connais pas. Ca viendra. Tu comprendras qu’entre l’armée et les nazis, c’est pas aussi simple que tu le pense »

John avait peine à réaliser ce qu’il venait d’entendre. Il était coincé, sur le front, avec un soldat ennemi voulant débattre de son appartenance au nazisme. Irréel.

« Toi, tu vas comprendre la simplicité des rapports entre les Etats-Unis d’Amérique et les salopards dans ton genre. Mon bataillon va me retrouver bientôt et ils t’exploseront le crâne. »

« C’est possible. Ou alors mon bataillon arrivera le premier. Dieu sait ce qu’ils te feront. Une troisième possibilité est que nous restions là pendant des heures. Nos blessures vont s’infecter et nous allons sans doute mourir. »

L’allemand avait raison. Aucun d’entre eux n’était dans une position plus enviable que l’autre. Il fallait espérer que la 101e soit là rapidement, mais aussi se préparer au pire. John pensa à ce moment que manger lui permettrait de garder l’esprit clair. Il parvint à ouvrir son paquetage, mais s’aperçut que la poche dédiée à la nourriture avait été percée par une balle. Elle était entièrement vide.

C’est alors qu’un biscuit atterri à côté de lui, sur l’herbe.

« Tiens Yankee. Prends-ça. Il va falloir tenir. »

Après quelques secondes d’hésitation, et étonnamment, John prit le biscuit et le porta à ses lèvres. Par ce geste il avait l’impression de trahir son bataillon. Mais pouvait-il faire autrement ? A ce stade, l’autre ne présentait aucun danger. Alors un biscuit…

« C’est dégueulasse n’est-ce pas ? Est ce que c’est mieux en Amérique ? »

John ne répondit pas, honteux de la faiblesse dont il venait de faire preuve. Il avait envie de fermer les yeux, mais son instinct de survit lui interdit cette faveur. Il soupira.

« A quoi tu pense Yankee ? Moi je pense à Francfurt, la ville d’où je viens, où m’attends ma femme. Enfin, ma future femme, Birgit. A cette heure ci, elle doit être entrain de se réveiller dans son lit confortable. »

Le GI écarquilla les yeux. Lui aussi était entrer de penser à sa Caroline du Nord natale et à Jen. Sans pouvoir expliquer raisonnablement le phénomène, il ressentit une forme de compassion à l’égard du soldat adverse qui, visiblement, vivait les mêmes tourments que lui. La douleur s’intensifiait et ramollissait probablement son cerveau. C’est en tout cas ce qu’il se disait.

« C’est qui ce Olbricht ? »

« Ah, tu t’intéresse enfin à ce que je te raconte ! Bien, nous avons fait un pas alors. Olbricht est un général à Berlin qui va renverser Hitler. Mais chut, il ne faut pas ébruiter ça. »

« Un traître… »

« Un traitre à Hitler ! Je pense que ça te ne dérange pas tant que ça. Tu vois, je t’ai dit, les choses sont plus compliquées que tu le pense. Il ne suffit pas d’être allemand pour être nazi. »

« J’ai compris ton manège le Boche. Tu veux me faire croire que tu est un traître prêt à retourner ta veste. Comme ça, quand mon bataillon viendra, tu espère être épargné. »

« Oh non, je n’ai aucun doute sur le sort que me réserve tes compagnons. Je l’accepte. C’est la guerre. Mais, mes derniers instants peuvent être employés à te convaincre que la vie, la guerre, n’est pas blanche ou noire. Que puis-je faire d’autres en attendant la mort ? »

« Accepter ton sort en silence. »

« Ou bien me rapprocher de mon prochain pour mettre ma conscience en ordre devant Dieu à l’heure du jugement. »

« Ton prochain ? »

« Tu es un être humain. Nous sommes ennemis sur le front. Mais quand vient le temps de mourir, nous sommes tous les deux des hommes espérant la grâce de Dieu. »

Il y eut un long silence, de plusieurs secondes. John essayait de rassembler ses esprits.

« Charlotte… »

« Quoi, que dis tu Yankee ? »

« Tu m’as demandé à quoi je pense. Et bien je pense à Charlotte, en Caroline du Nord, ma ville. Ma fiancée m’y attends aussi. Jen. »

« Eh bien, nous ne sommes pas si différents alors… »

« Moi je ne me suis pas engagé au service d’une ordure de dictateur. »

« Tu t’es engagé au service de ton pays. Veux-tu une surprise ? Moi aussi ! Tu aimes les Etats Unis d’Amérique. J’aime l’Allemagne. Est-ce si dur à comprendre ? Le reste, c’est de la politique. De la mauvaise politique malheureusement. Mais vous allez gagner. Hitler a mis notre pays dans une situation terrible, et  Dieu seul sait ce qui va se passer pour nous après la guerre ».

« Tu ne soutiens pas Hitler. Pourquoi ne pas déserter et entrer en résistance dans ce cas ? »

« Parce que j’ai une famille voyons ! Un déserteur est un criminel, tu le sais bien. Mes parents seraient fusillés, Birgit torturée. Je me suis engagé parce que nous n’avions pas le choix. Certains de mes camarades sont partisans du parti Nazi. D’autres, comme moi, sont en réalité prisonniers du système. »

« Pourquoi tu me dis tout ça ? »

« Je t’ai expliqué déjà. Pour me mettre en conformité avec Dieu. Quand nous avons croisé ta route, avec ton camarade, mon boulot était de vous tuer. Le tien était le même à mon égard. Mais à présent, sommes nous encore des soldats, ou juste deux hommes blessés dont les heures sont sans doute comptées ? »

« Je ne mourrais pas ici. »

« Je l’espère pour toi Yankee. Si tu survis à cette épreuve, je voudrais que tu te rappelles de tout cela. Que les choses ne sont pas toujours comme on les présente. Je me rends compte maintenant que nous nous entretuons entre humains. Cela est-il raisonnable pour Dieu ? »

La pluie se mit à tomber au fur et à mesure que le jour se levait. La terre boueuse donnait à l’atmosphère une odeur désagréable. Au loin, on entendait des échanges de tirs et de canons. Cela faisait plus d’une heure qu’ils étaient là.

John était perturbé par les propos du Boche. Son patriotisme n’était pas remis en question, mais sa qualité de soldat, elle, en avait pris un coup. Se battre pour son pays, très bien. Mais au prix de l’humanité, cela lui convenait-il ?

« Tu entends les coups de feu. Tes amis d’Amérique ont commencé à débarquer sur la plage j’ai l’impression. »

« Vous saviez que l’on arrivait… »

« Bien sur, on s’est préparé ! Mais, de toi à moi, je pense que cela va tourner au fiasco pour nous. Il va y avoir des milliers de morts. Pour quoi ? »

« Qu’est ce que vous faisiez dans la forêt ? »

« Tu vois ces sacs là-bas ? Ils sont plein de munitions. Mon bataillon devait être ravitaillé. Nous sommes allés jusqu’à Carentan pour ramener ces balles. J’imagine que notre absence doit être remarquée à présent. »

« Ce chemin, c’est une route vers Carentan n’est-ce pas ? Ca veut dire que ton bataillon va forcément passer par là… »

« Oui, certainement. »

« Putain… Tu gagnes du temps le Boche ! »

« De quoi me parles-tu ? J’ai vu des centaines de parachutes dans le ciel. Certains de tes amis ne sont sans doute pas très loin. Ils peuvent très bien passer par ici aussi ».

Cette idée plaisait à John. Il devait garder espoir pour rester en vie. De toutes façons, il savait qu’il n’avait plus son destin en mains. L’avenir déciderait pour lui de son sort.

L’aube était claire à présent. L’atmosphère sentait la poudre et le sang. Les mitraillettes, les canons, tout ce bruit devenait insupportable. L’assaut avait lieu à quelques centaines de mètres et les deux soldats, entrainés pour ce jour, ne pouvaient y participer.

« C’était quoi ton travail Yankee ? Avant la guerre je veux dire. Moi j’étais professeur d’anglais à Francfurt, pour les enfants. C’est pour ça que je parle ta langue.»

L’allemand relançait sans arrêt la conversation. John aurait souhaité attendre la mort dans le calme et le silence. Mais visiblement, son frère ennemi ne l’entendait pas de la même oreille. Rentrer dans son jeu était risqué. Il pensait toujours que l’autre avait peut-être une stratégie pour se sortir de ce guêpier.

Et sa jambe. La douleur ne faiblissait pas. Au contraire.

« Mécanicien… »

« Tu fabriques des automobiles ! C’est excitant comme métier ça ! »

« Je les répare plutôt…Enfin, je les réparais… »

« Yankee ! J’entends du bruit ! »

Les deux hommes se turent. A quelques mètres d’eux, les brindilles aux sols craquelaient sous la pression d’une présence en approche. John pria intérieurement.

Charlotte, Jen, ses parents, son petit frère Mark, le garage. Ses pensées ne devinrent plus qu’une énorme masse de confusion. Dans ce flou cérébral, il lui était impossible de  faire pause sur une image ou une sensation. La peur de mourir. C’était donc cela.

« Ein hund ! C’est juste un chien le Yankee ! »

Le parachutiste ouvra ses yeux, que la terreur avait irrémédiablement clos quelques secondes auparavant, et se trouva nez à nez avec un bâtard à quatre pattes. Sale comme un pou, le poil oscillant entre un blanc cassé et un jaune pisse.

« Il n’a pas de collier. Un chien errant ».

L’animal reniflait le soldat blessé. L’odeur du sang l’avait peut être attiré là. Il entreprit d’étaler sa langue râpeuse sur le visage de John, lequel, d’un mouvement brusque de la main, montra sa désapprobation certaine. Effrayé, le chien décida de changer de cible et se dirigea vers l’allemand.

Ce dernier était plus enclin à profiter de quelques secondes de tendresse canine. Cela faisait des années maintenant qu’il n’avait ressenti aucune chaleur, ni humaine, ni animal. L’enrôlement, la guerre, tout cela semblait sans fin.

Après avoir savamment nettoyé le soldat, le labrador, ou en tout cas à moitié, repéra le paquetage alimentaire de l’américain, à quelques mètres. Sans demander son reste, il s’y précipita et commença a dévorer la pitance.

« Espérons qu’il soit seul », dit John.

« Pour toi non, Yankee. Ce n’est pas un chien allemand. Donc soit il vient de ton camp, soit il est français, et c’est la même chose »

Après avoir minutieusement vidé le sac de nourriture, enfin de ce qu’il pouvait en faire, le cabot repartit en courant, aussi soudainement qu’il était arrivé.

« Nous voilà retournés à la case départ. Toi et moi, Yankee »

« Ouaip… », soupira John.

Les bombardements et les tirs semblaient se rapprocher des deux soldats. Les alliés gagnaient du terrain, immanquablement.

« Ce n’est plus qu’une question de minutes maintenant, Yankee… »

« Nous allons gagner la guerre. »

« C’est certain. Est-ce que ça me rends triste ? Pas vraiment. Heureux alors ? Non plus. Une fois de plus, l’Allemagne sera humiliée. Ma belle Allemagne ».

John avait repris pleinement espoir. Les troupes GI étaient entrain de remporter la bataille de Normandie, c’était certain.

« On va débarrasser ce pays d’Hitler et des Boches. »

« Alors ça, nous serons nombreux à vous en remercier. »

« Est-ce que tu es nazi le Boche ? »

« Mein Got, mais tu n’a pas écouté ! Bien sur que non ! Je suis un soldat qui se bat pour son pays, pas pour un moustachu frustré. Crois-tu que je prenne du plaisir ici ? »

« Alors rends-toi. Tu seras fait prisonnier, probablement envoyé dans un camp après la guerre. Dans quelques années, si tu as démontré que tu n’étais pas réellement nazi, peut être tu pourras retourner en Allemagne ».

« Hahahaha. Me rendre ? Mais devant qui, Yankee ? »

« Devant moi pardi ! Je leur dirai que tu es mon prisonnier. Tu approuveras. Peut être il ne te tueront pas ».

« Et pourquoi tant de pitié d’un coup ? »

« Pas de pitié… Tu seras jugé à l’avenir pour ton allégeance à Hitler, peu importe par qui… Mais il y a eu trop de massacres ces derniers temps dans le monde. La guerre est de toutes façons finie pour moi. Autant que je sorte sur une bonne action, Dieu en sera sans doute content ».

« Je ne me rendrais pas, Yankee. J’accepte mon destin. J’ai vu le front, contrairement à toi. Je suis las. Si je dois mourir aujourd’hui, alors que Dieu accomplisse son office. »

« John…Tu m’appelles Yankee… Mon nom c’est John… »

« Ok John… »

Le jour étant pleinement levé à présent. Le débarquement battait son plein. Adossé à son arbre, John se demandait si son unité avait réussi sa mission.

Au loin, des voix humaines se firent entendre. A pareille distance, impossible de distinguer la langue parlée. John pressentit qu’il s’agissait des alliés.

« Jürgen… »

« Quoi ? »

« Je m’appelle Jürgen… C’est toujours mieux que le Boche, non ? »

« Jürgen, des voix… Quelqu’un approche ! »

Le silence s’imposait. John tourna la tête en direction de l’allemand. Leur regard se croisèrent. Chacun savait la conclusion proche. Dans leurs yeux se lisait un mélange d’angoisse et d’espoir. Malgré tout, l’un comme l’autre voulait vivre.

Un bruit de pas rompit le calme de l’instant. Ils étaient plusieurs…

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Le vieil homme se releva, péniblement. Il prit la main de son arrière petite fille et lui adressa un tendre sourire. En elle il percevait l’avenir d’un monde moins violent. Une nouvelle génération, toujours plus encline à l’humanisme et au refus de la haine.

« Alors, Grand père, comment ça s’est fini ? »

Une larme se mit à couler long de sa joue. Le souvenir remontait sans qu’il ne puisse contenir la tristesse que cela suscitait en lui. Les derniers instants. L’arrivée des soldats, trois. Le soulagement.

Il avait insisté pour que l’autre soit épargné, pour qu’il soit fait prisonnier. Mais l’instinct de guerre des soldats était trop fort. L’ennemi n’avait pas même pu dire un mot. Une balle dans la tête, sans sommation. C’en était instantanément fini.

Lui était resté bouche bée. Un des soldats lui lança sa gourde. Un autre appelait une assistance médicale par talkie-walkie. On le pressait de questions. A bout de force, il s’évanouit.

Il s’était réveillé dans un lit, la main et le genou bandés. La guerre était fini pour lui. Autour de lui, d’autres soldats blessés, parfois agonisants. A la douleur physique s’ajouterait les séquelles psychologique.

Son arrière petite fille attendait patiemment la réponse à sa question. Il s’essuya les yeux mouillés d’un geste du bras, puis posa son regard dans le vide du ciel.

« Ca s’est mal fini Carlotta… ».

By | 2018-04-25T16:32:20+00:00 avril 25th, 2018|Fictions|0 Comments

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